Le FMI, opposé au Bitcoin et au Salvador

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FMI, opposé au Bitcoin et au Salvador

Tenter de faire des crypto-monnaies une monnaie nationale est un raccourci déconseillé. » Déclare le FMI (Fond Monétaire Internationale) dans un de ces récents post sur son blog. Bien que ce dernier ne cite pas directement le Salvador, dont le Bitcoin sera une de ses monnaies officielles à compter du 7 septembre, cet article déconseille de suivre son chemin. En effet, certaines institutions semblent avoir un avis bien tranché sur la question des crypto-monnaies. Après la déclinaison de demande d’aide de la banque mondiale au Salvador concernant l‘instauration du Bitcoin comme monnaie officielle, c’est au tour du FMI d’enfoncer le clou avec son récent article clairement opposé au Bitcoin ou tout autre forme de crypto-monnaie non contrôlée par les banques centrales. Alors quelles sont les raisons de cette opposition de la part du FMI ? Sont-elles toutes justifiées ?

Critiques contestables

L’une des critiques les plus ordinaires et répandues par tous les opposants des crypto-monnaies est le risque de blanchiment d’argent et c’est ce qu’utilise le FMI dans son article.

« L’intégrité financière pourrait également en pâtir. En l’absence de mesures solides de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, les crypto-monnaies peuvent être utilisés pour blanchir de l’argent mal acquis, financer le terrorisme et échapper à l’impôt. »

Cependant, il est de plus en plus clair que les crypto-monnaies ont une utilité limitée pour le blanchiment d’argent. Bien que les transactions peuvent être anonymes, elles sont cependant toutes traçables aux yeux de tous. Les criminels eux-mêmes le savent : L’activité criminelle sur les réseaux de crypto-monnaies a diminué de 57 % entre 2019 et 2020 – passant d’un minuscule 4,5 milliards de dollars à un encore plus minuscule 1,9 milliard de dollars, selon CipherTrace – alors que la valeur des crypto-monnaies dans leur ensemble a plus que doublé.

De plus, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, les transactions suspectes dans le système financier actuel représentent au moins 2 000 milliards de dollars par an, soit 33 % de plus que l’offre totale en circulation de toutes les crypto-monnaies existantes aujourd’hui.

La deuxième critique la plus utilisée par tous les opposants est le problème environnementale que pose les crypto-monnaies, et c’est encore une fois ce que soulève le FMI dans son post.

« Les crypto-monnaies minées comme le bitcoin nécessitent une énorme quantité d’électricité pour alimenter les réseaux informatiques qui vérifient les transactions. Les conséquences écologiques de l’adoption de ces crypto-monnaies comme monnaie nationale pourraient être désastreuses. »

Nous n’allons pas le nier, oui le minage de Bitcoin étant donné qu’il nécessite de l’énergie, pollue. Néanmoins, le secteur fait des efforts considérables pour améliorer l’émission de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, environ 50% du minage de Bitcoin est produit grâce à l’énergie renouvelable ( source ), ce qui fait de cette industrie l’une des plus responsable au monde. Par ailleurs, incendier le Salvador sur son émission de gaz à effet de serre pour son choix d’adopter le Bitcoin ne semble pas être une critique défendable sachant que ce dernier émet moins de 0,02% de l’émission de C02 au niveau mondial.

La critique la plus contestable reste la suivante. le FMI pense qu’un pays ayant deux monnaies officielles ferai perdre énormément de temps à ses citoyens, allant jusqu’à impacter négativement sa productivité.

« Si le prix des biens et services était fixé à la fois dans une monnaie réelle et dans une crypto-monnaie, les ménages et les entreprises consacreraient beaucoup de temps et de ressources à choisir la monnaie à détenir au lieu de s’engager dans des activités productives. »

Au contraire, le bitcoin comme monnaie officielle permettrai des gains de temps considérables, et certains sont d’ailleurs déjà visible. L’Etat du Salvador a par exemple lancer son propre portefeuille électronique permettant la conversion instantanée entre le bitcoin et le dollars, le tout de façon complètement gratuite. En plus de cela, adopter le bitcoin semble déjà faciliter la vie des Salvadoriens et leur permettre des gains de temps énorme. Un récent documentaire sur l’adoption du bitcoin au Salvador (à voir ici) montre un Salvadorien payer ses impôts en 30 secondes montre en main contre plus de 3 heures auparavant.

Critiques recevables

Le FMI souligne à juste titre que l’adoption d’une crypto-monnaie mondiale comme monnaie nationale supprimerait la capacité d’une nation à définir sa propre politique monétaire. Pouvoir émettre et contrôler sa propre monnaie est souvent important pour maintenir la croissance économique d’un pays.

Cependant, le Salvador n’a pas eu le contrôle de sa masse monétaire depuis des décennies. Depuis 2001, sa principale monnaie nationale est le dollar américain. Sept autres pays utilisent également le dollar comme monnaie officielle, la plupart étant soit très petits, soit ayant un héritage d’instabilité politique. En théorie, le dollar représente un risque important pour les tiers l’adoptants, car il peut être utilisé de diverses manières au profit des États-Unis et en inéquation avec chaque économie de chaque pays .

Le deuxième argument valable avancé par le FMI est simplement le fait que les individus doivent avoir accès à Internet pour utiliser les crypto-monnaies, et cet accès est assez limité dans le monde.

« L’accès à Internet et la technologie nécessaire pour transférer des crypto-monnaies restent rares dans de nombreux pays, ce qui soulève des questions d’équité et d’inclusion financière. »

Seulement 60 % environ de la population mondiale dispose d’un accès Internet mobile ou câblé, et ce pourcentage est nettement inférieur dans les pays en développement ou instables les plus susceptibles de bénéficier de l’adoption d’une monnaie alternative au dollar. L’accès à Internet est donc un freins pour l’adoption du Bitcoin comme monnaie officielle pour les pays en développement comme le Salvador, dont seulement 34% de sa population à Internet.

Néanmoins, le Salvador en maintenant le dollar en circulation à côté du bitcoin, résout ainsi le problème d’accès à Internet pour les paiement quotidiens. Mais il n’en reste pas moins vrai que les limitations d’accès signifient que l’adoption d’un système de monnaie purement numérique ne serait pas équitable dans la plupart des pays.

La forte volatilité du bitcoin est également évoqué dans l’article. Cette volatilité pourrait en effet perturber l’économie d’un pays avec la valeur de sa monnaie pouvant passer du simple eu double en l’espace de quelques semaines. Cet argument est donc tout à fait acceptable dans le cas où le bitcoin serait la seule et unique monnaie d’un pays.

Or, encore une fois, le Salvador aura deux monnaies officielle, le dollars et le bitcoin. Cela lui permettra de garder une certaine stabilité économique. Par ailleurs, plus de personnes, gouvernements, entreprises adopteront le bitcoin, moins cette monnaie sera volatile et donc plus cette dernière sera apte à remplir certaine fonction d’une monnaie dite traditionnelle.

Bitcoin fix this

Le FMI à travers cet article montre bien son opposition envers les crypto-monnaies avec des arguments défendables pour certains, et contestables pour d’autres. Néanmoins dans son post, l’institution reconnaît l’utilité des crypto-monnaies en commençant par cette phrase :

« Les nouvelles formes numériques de monnaie ont le potentiel de fournir des paiements moins chers et plus rapides, de renforcer l’inclusion financière, d’améliorer la résilience et la concurrence entre les prestataires de paiement, et de faciliter les transferts transfrontaliers. »

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